
Les collègues de Thierry Levert portent le cercueil sur le parvis de l'église de Ham.
SAINT-QUENTIN / HAM Haie d'honneur pour l'adieu à Thierry
Thierry Levert, le policier municipal écrasé samedi par un camion-benne sur la place du marché de St-Quentin, a été enterré dans l'émotion hier après-midi à Ham.
Il avait 50 ans. Un âge où on est encore plein de vie. Pourtant hier, Thierry Levert a été enterré au cimetière de Ham (Somme), fauché par un camion-benne, pendant son service. Colère de ses collègues. Cette mission de sécurisation habituelle n'avait rien de dangereux. L'enquête qui s'annonce longue devra retracer le déroulement du drame. En attendant, c'est un ami, un collègue, un frère, un père, un mari qu'on enterre.
Et comme tous, les policiers municipaux saint-quentinois sont abattus. Thierry Levert était entré dans leur service en 2001 après avoir œuvré sept ans dans la police municipale de Ham.
14 heures n'a pas encore sonné et le convoi funèbre arrive, escorté par les motards de la police municipale saint-quentinoise. Tous les agents, les 22 de Saint-Quentin, sont présents. Ils se sont donné rendez-vous là où vivait Thierry, à Eppeville à quelques petits kilomètres de là, dans l'est de la Somme.
Sur le parvis de l'église Notre-Dame, ses collègues portent le cercueil de Thierry, passant devant une haie d'honneur faite de proches, de policiers municipaux ou nationaux et d'élus. Tous réunis pour lui dire un dernier au-revoir. Ses proches, frappés de plein fouet, peinent à monter les marches. Sa femme, Chantal, s'effondrera à la sortie de l'église. Un nouveau malaise. Depuis la mort de Thierry, ses jambes se dérobent facilement. La sœur de Thierry, Michèle, prise par l'émotion, a du mal à parler dans le micro.
« On ne te croisera plus jamais »
Pour les policiers municipaux, c'est la voix grave de Fabrice Leroy qui se fait entendre dans l'église. À la manière d'un slam, genre que le policier affectionne, il raconte la vie de Thierry et lui offre un dernier hommage. « La police municipale pleure. On ne te croisera plus jamais dans les vestiaires (...) Eric, ton coéquipier est effondré. Depuis ce drame, on n'a plus de goût à rien. » Puis Fabrice Leroy poursuit : « Ton humour était subtil. Tu apaisais les plus virulents d'entre nous. (...) Tu disais souvent "je ne peux pas rester sans rien faire." » C'était un peu tout ça, Thierry Levert, « un petit gars de la Somme qu'on aimait bien. »
Un passionné de vélo aussi. Fabrice Leroy continue avec son phrasé : « Si tu vas là-haut avec ton vélo, change de braquet, paraît que la route est escarpée. » Et si Thierry souhaite leur envoyer un colis, qu'il y mette « des poireaux, des carottes, des salades de ton jardin. » Le jardinage, c'était aussi une de ses passions. Son collègue conclut : « Nous ne t'oublierons jamais. »
Les cloches sonnent. Tout le monde sort de l'église. Le cortège escorté des gyrophares des motos accompagne Thierry Levert jusqu'à sa dernière demeure.
NICOLAS GOINARD
Le Courrier picard - Jeudi 19 Février 2009











